Stratégie et Plans de DÉVELOPPEMENT de Microsoft

en construction 

Retour à l' histoire de l'informatique

©2002, 2003 Jean Bellec

mise à jour  13 déc. 2003

Je rédigeais en 1994 un essai sur ce qui me paraissait être le futur du micro-ordinateur vu de la fenêtre du principal intéressé. Mes lecteurs de l'époque avaient été effrayés par la vision dominatrice que je prêtais à Microsoft et, même si l'orthodoxie unicienne avait déjà été ébranlée, ils avaient des difficultés à croire au caractère raisonnable de ces ambitions. Il n'est peut-être pas inintéressant d'y revenir 8 ans plus tard.

Une première différence entre ce papier et la réalité d'aujourd'hui a été la conversion extrêmement rapide de tous les acteurs à Internet. La conversion de MS est postérieure de plus de 6 mois à mon papier, mais elle fut brutale et changea notablement les priorités de la firme de Bill Gates. J'avais imaginé qu'une longue période de coexistence entre les divers types de réseaux se serait maintenue et que en l'an 2000, subsisteraient encore activement SNA, NetBios et autres Netware.

La seconde différence est la décision de Microsoft de développer en parallèle la filière Windows 9x héritée de MS/DOS et la filière NT. Le résultat en fut que la convergence des deux filières n'est intervenue qu'en 2001 avec Windows XP alors que je l'avais imaginée beaucoup plus tôt. La décision d'introduire Windows 95 et 98 (en négligeant Millenium) a été due à l'appréciation de Microsoft que l'évolution du matériel était plus lente que le logiciel et que Windows NT était trop gourmand en ressources que Win95. Je suis persuadé que cette appréciation était relativement fausse et que techniquement Windows 3.1 avec son runtime compatible NT qui était Win32 suffisait à combler le gap entre les deux OS. Il est vraisemblable que des considérations purement marketing ont conduit au développement simultané des deux OS en donnant l'occasion à Microsoft de faire des annonces tonitruantes de ce qui n'était qu'évolution. Les gogos qui ont acheté chaque upgrade de Windows 9x ont permis à Microsoft d e payer ses frais de procès contre le gouvernement US... Seul la seconde edition de Windows 98 a été nécessaire pour supporter de nouveaux périphériques. Les autres n'ont apporté que des opérations cosmétiques.

Les autres divergences entre mon papier et la réalité sont moins importantes. Elles ont peut-être pour origine le procès et les deux considérations précédentes qui ont monopolisé des ressources précieuses chez MS.

C'est seulement en 2003-2004 (projet Longhorn)qu'un bureau et une interface générale 3D sera disponible. On peut penser que cela érodera le pouvoir de certains éditeurs ayant réalisé des programmes d'application sur cette spécialité. La maîtrise de cette interface donnerait à MS un avantage dans le secteur des jeux et de la CAO, sans parler d'un renouveau dans l'interface homme/machine.

La menace de la loi anti-trust a limité les incursions de Microsoft dans les applications autres que Office que j'avais mentionnées. Il reste à voir comment MS traitera se petits compétiteurs, normalement il devrait essayer de les  racheter comme il avait essayé en vain de le faire avec Quicken en 1994, pour y renoncer en continuant Money.

La démarche de MS pour prendre position dans les serveurs a été plus incisive que je ne l'avais imaginée. Cependant, alors que Intel sépare davantage son offre serveur de son offre PC, les différences dans l'offre MS est plus floue. MS est tombé dans le piège où étaient tombés les mainframers qui supposait que la marge dans les serveurs était intrinsèquement plus confortable que dans le marché de l'ordinateur personnel. La percée de Linux et d'Apache laisse entendre que cet axiome n'est pas nécessairement exact.

J'avais imaginé la distribution assez générale des logiciels par les réseaux et c'est ce qui est arrivé: une des conséquences en est la diminution drastique du coût marginal du logiciel et par conséquent la possibilité de l'éditeur dominant à baisser ses prix. Il faut cependant noter que la distribution de versions personnalisées en cryptant les fichiers téléchargés ne s'est pas encore généralisée. Là encore, la concurrence des logiciels libres a été plus sévère que je ne l'avais imaginée.

L'utilisation de l'encryption pour la protection des logiciels et des données a été retardée par la non-standardisation des processeurs (les numéros de processeurs chez Intel ont fait couler beaucoup d'encre parce que considérés n'être que des outils au profit de Intel et Microsoft. L'architecture Palladium en cours de finalisation en 2003 pourrait être l'outil nécessaire à la réalisation de ce que j'imaginais en 1994. Les problèmes liés à l'utilisation militaire de la cryptographie (contre-espionnage, lutte contre le terrorisme) ne se sont guère décantés depuis les années 1990.